80,000 Hours est une organisation dont le but est d’aider les gens à choisir une carrière satisfaisante qui aide les autres le plus efficacement possible. Leur guide de carrière est fondé sur des preuves scientifiques et présente leurs découvertes. Il commence par décrire les objectifs que nous devons chercher à atteindre sur le long terme, puis ensuite la façon de les atteindre.

Cet article est un résumé du guide de carrière présenté par l’organisation 80,000 Hours sur leur site https://80000hours.org/, il ne se substitue donc pas à sa lecture complète. Il est vivement recommandé de le lire en entier pour comprendre précisément les concepts abordés, qui sont subtils, et obtenir d’éventuelles clarifications, ainsi que de prévoir suffisamment de temps pour la lecture puis la mise en pratique des idées. Il est possible de recevoir des conseils personnalisés et de se faire accompagner dans ses choix de carrière en en faisant la demande sur le site.

 

1) Quelles sont les caractéristiques d’un travail de rêve ?

On pense souvent qu’un travail de rêve doit être facile et bien payé. Pourtant, un travail exigeant peut être positif si nos capacités permettent de relever les défis qu’on rencontre. De plus, les meilleures recherches qui s’intéressent aux effets d’un salaire plus élevé sur le bonheur indiquent que l’argent contribue bien au bonheur au quotidien mais seulement légèrement, et surtout qu’il existe un seuil, à environ 42 000 € annuel pour un individu sans enfants, au-delà duquel une augmentation du salaire n’a presque plus d’effet.

À la place, si on combine les recherches sur les éléments constitutifs du bien-être, sur la satisfaction et la motivation au travail, un travail de rêve doit présenter ces six caractéristiques :

  • Être captivant : il s’agit d’être véritablement intéressé par son travail, ce qui arrive si certains facteurs sont présents, à savoir la liberté, des tâches claires, la variété et la possibilité d’avoir un retour sur ses tâches.
  • Aider les autres : c’est un élément clé d’une vie satisfaisante, et une des façons efficaces de mener une carrière qui a du sens.
  • Être bon dans son travail : les compétences finissent par prendre le dessus sur les intérêts initiaux, et être bon donne un sentiment de réussite.
  • Travailler avec des collègues solidaires : pas besoin d’être ami avec tous, mais d’avoir la possibilité de demander et recevoir de l’aide de leur part.
  • Absence de points négatifs majeurs : long trajet, très longues journées, salaire ressenti comme injuste, insécurité de l’emploi.
  • Avoir un travail qui s’accorde avec le reste de sa vie : il est possible d’avoir un travail pour payer ses factures mais de s’épanouir en-dehors dans un autre domaine.

Enfin, le conseil de suivre sa passion présente trois défauts : premièrement il suggère que c’est tout ce dont on a besoin pour être satisfait, deuxièmement la plupart des gens n’ont pas de passion qui peut se matérialiser sous la forme d’une carrière, et finalement cela peut amener les gens à limiter abusivement leurs options. En réalité la passion arrive souvent en même temps que le succès.

À la place, il faut chercher à devenir bon dans un travail qui aide les autres. D’une part, être bon dans ce qu’on fait permet d’avoir accès à de nombreuses opportunités de carrière et ainsi de trouver un emploi présentant les caractéristiques d’un travail de rêve, et d’autre part, aider les autres permet de donner du sens à son travail. D’autant plus que les gens auront davantage envie de nous aider dans notre mission, augmentant alors nos chances de succès. Mais surtout, aider les autres est la chose juste à faire.

 

2) Une seule personne peut-elle vraiment avoir un impact ?

Les médecins sont considérés comme ceux qui ont le plus d’impact avec leur carrière, mais en réalité, cet impact n’est pas si grand, pour les raisons suivantes : la médecine n’a qu’un faible effet sur l’augmentation de l’espérance de vie (par opposition à une meilleure alimentation, une meilleure hygiène et plus de richesse), les médecins font partie d’un système qui s’appuie sur des équipements et d’autres personnes, et comme il y a déjà un grand nombre de médecins dans les pays développés, le travail sera fait que l’on devienne médecin ou non.

En revanche, quelques carrières ont un impact largement supérieur aux autres. Par exemple, le docteur Nalin découvrit une façon de traiter la diarrhée dont on estime qu’elle permit de sauver 500 000 personnes. Le docteur Landsteiner eu un impact encore plus élevé en découvrant les groupes sanguins, puisqu’il est estimé que cette découverte permit de sauver dix millions de personnes. Mais le colonel soviétique Stanislav Petrov les dépasse tous les deux, parce qu’il permit d’éviter une catastrophe mondiale alors qu’il était en poste à l’armée, en refusant de suivre le protocole : il n’appuya pas sur le bouton de lancement de missile alors que son écran de contrôle annonçait (du fait d’une défaillance technique) qu’un missile américain était en route. Il préserva le monde d’une guerre nucléaire totale, sauvant ainsi probablement plusieurs centaines de millions de personnes.

En fait, toutes les personnes diplômées qui vivent dans les pays développés peuvent avoir un impact très élevé. Les gens se demandent souvent comment ils peuvent « faire une différence », mais si certaines carrières peuvent avoir des milliers de fois plus d’impact que d’autres, ce n’est pas la bonne question à poser. Ils se peut que deux options de carrière permettent de « faire une différence », mais l’une d’entre elles pourrait être nettement meilleure que l’autre.

En d’autres termes, la question à se poser est « comment puis-je faire la plus grande différence ? ». Or comme certaines carrières permettent d’accomplir beaucoup, cela peut avoir une grande importance.

 

3) Comment avoir un impact peu importe son métier ?

Alors qu’une grande partie des tentatives d’aider les autres est inefficace, il existe trois façons, soutenues par des preuves, d’améliorer grandement la vie des autres, pour n’importe quelle personne diplômée d’un pays riche :

En donnant 10% de ses revenus, on peut grandement aider un nombre élevé de personnes sans le ressentir comme un sacrifice. Par exemple, l’organisation GiveDirectly permet de transférer de l’argent directement aux personnes les plus pauvres en Afrique de l’Est par téléphone portable. Alors qu’un doublement du revenu ne signifie qu’une faible augmentation du bonheur, voire une baisse, pour une personne vivant dans un pays riche, donner à une organisation caritative est associé à un bonheur plus élevé.

Surtout, nous avons la capacité de faire une grande différence pour des personnes qui dépensent près de 400 € par an (en comparaison des 65 000 € du diplômé américain moyen, soit environ 108 fois plus). L’organisme d’évaluation indépendant GiveWell estime que la Against Malaria Foundation, qui distribue des moustiquaires, peut sauver une vie pour chaque 6 400 qu’elle reçoit – sans compter d’autre bénéfices associés au traitement de la malaria, comme une meilleure qualité de vie et une augmentation des revenus.

Si nous pouvons faire autant de bien en sacrifiant si peu, cela est dû à la distribution mondiale des revenus : une personne qui gagne 46 000 € par an et n’a pas d’enfant fait partie des 1% les plus riches à l’échelle mondiale. L’organisation Giving What We Can permet de s’engager publiquement à donner 10% de ses revenus aux associations les plus efficaces.

Nous avons également la capacité d’exercer une grande influence politique, en tant qu’habitants de pays riches, dans la mesure où ce sont ces pays riches qui ont le plus de poids dans les décisions sur des sujets comme le commerce mondial, l’immigration et les politiques concernant la technologie. Bien que notre chance d’exercer une influence majeure soit faible, les enjeux sont énormes, et le simple fait de voter ou d’envoyer une lettre à un député peut avoir un grand impact.

Une autre option est d’aider les autres à être plus efficaces. Par exemple, en permettant à une personne de donner 10% de ses revenus, on a le même impact qu’en donnant nous-même, ou bien également en organisant des récoltes de fonds pour des associations efficaces. Se porter volontaire dans une organisation efficace peut également l’être, si notre position nous permet d’utiliser nos compétences ou nous apprend à être efficace pour le futur.

 

4) Comment choisir sur quoi se focaliser ?

Les problèmes les plus urgents présentent une combinaison des caractéristiques suivantes :

  • Ce sont des problèmes à grande échelle : notre intuition, avec laquelle nous évaluons l’importance des problèmes, n’est pas optimale pour faire des estimations d’échelle car nous souffrons du biais d’insensibilité à l’étendue. Il nous faut plutôt utiliser les nombres pour faire des comparaisons, en se demandant si un problème affecte un nombre élevé de personnes, dans une mesure importante et si les bénéfices à long-terme sont grands.
  • Ils sont négligés : plus importants sont les moyens dirigés vers un problème, plus il va être difficile d’y contribuer personnellement de façon significative, car les meilleures opportunitées auront été saisies. C’est pourquoi les problèmes pour lesquels on pourra avoir le plus d’impact concernent probablement des domaines dans lesquels on n’a jamais pensé à travailler. Nous sommes tous au courant du combat contre le cancer, mais savons-nous que les vers parasitaires ont transmis des maladies tropicales négligées à un milliard de personnes dans le monde. Il faut donc se demander si le problème affecte des groupes négligés, comme les étrangers très distants, les animaux, ou nos petits-enfants, si le problème est un événement négligé car de faible probabilité, et si les gens sont au courant de ce problème.
  • On peut les régler : de nombreux programmes caritatifs ne fonctionnent pas, et certains empirent les choses. C’est le cas de Scared Straight un programme populaire qui consistait à montrer à des jeunes délinquants la vie en prison pour les inciter à changer leur comportement, mais qui les a finalement conduit à commettre plus de crimes que s’ils ne l’avaient pas suivi. Si on choisit de s’impliquer avec une association sans vérifier les preuves, on a de grandes chances de ne pas avoir d’impact. On doit donc se demander s’il existe des preuves montrant qu’on peut avancer dans la résolution de ce problème, s’il s’agit d’un essai d’un nouveau programme prometteur, et si ce programme a une chance faible mais réaliste d’avoir un impact massif.

Il semble difficile de trouver un problème qui satisfait ces trois critères à la perfection, et on doit plutôt chercher un équilibre. De plus, il faut prendre en compte sa compatibilité personnelle avec le problème.

 

5) Quels sont les plus grands problèmes mondiaux ?

Les problèmes qui touchent les pays riches ne sont pas toujours les plus importants. Comme vu précédemment, une personne vivant dans un pays développé est en moyenne très riche d’un point de vue mondial, et par conséquent, notre argent a des effets plus importants à l’étranger. De plus, davantage de ressources sont consacrées aux personnes pauvres des pays riches et leurs problèmes sont plus complexes, ce qui les rend plus difficiles à aider.

La santé mondiale est un problème pour lequel il est possible de faire de grands progrès. Des maladies comme la diarrhée tuent chaque année des centaines de milliers de personnes, soit parfois plus que les guerres. Pourtant, il existe des moyens d’aider qui se révèlent non seulement bien plus efficaces que d’autres après évaluation, mais surtout très peu chers, et qui permettraient aux victimes d’être sauvées si plus d’argent leur était consacré. Choisir les interventions efficaces permet donc de multiplier son impact significativement.

L’élevage industriel est également un problème très urgent, puisque chaque année 50 milliards d’animaux sont élevés et abattus, la plupart souffrant considérablement. Le problème est négligé par rapport à son importance et il existe des voies prometteuses pour améliorer leurs conditions et pour changer nos attitudes face aux animaux d’élevage.

Se concentrer sur les générations futures peut être particulièrement efficace. Si vous vous souciez des générations futures, il y a de solides arguments pour leur donner la priorité : d’abord, alors qu’elles ont de l’importance, elles ne peuvent pas s’exprimer et défendre leurs intérêts, ensuite, leur détresse potentielle est abstraite et plus difficile à saisir, et enfin, il y aura probablement plus de personnes en vie dans le futur qu’il n’y en a aujourd’hui. Il y a donc des chances que les problèmes qui concernent les générations futures soient les plus importants.

Pour préserver les générations futures il faut trouver les risques les plus négligés. Le changement climatique est largement reconnu comme un problème majeur, et bénéficie à ce titre de centaines de milliards d’euros de financement. À l’opposé, les risques liés à la bio-ingénierie et à la propagation d’épidémies naturelles ou artificielles sont bien plus négligés, alors qu’ils pourraient provoquer la mort de millions de personnes.

Il pourrait même y avoir un problème encore plus grave et plus négligé : les risques liés à l’intelligence artificielle. Alors que des milliards sont consacrés au développement d’intelligences artificielles toujours plus puissantes, très peu de ressources sont dédiées à s’assurer que ces avancées se déroulent sans problème et soient positives pour l’humanité. Or de nombreux experts pensent que les intelligences artificielles ont des chances élevées d’atteindre le niveau humain dans les prochaines décennies, et la transition pourrait être largement positive, ou largement négative, dans la mesure où nous avons des chances de perdre le contrôle sur des systèmes devenus plus intelligents que nous.

Si l’on est davantage incertain, on peut choisir parmi les options “meta” suivantes, qui ont une grande valeur : faire de la recherche pour déterminer quelles sont les priorités mondiales car une telle recherche est très importante pour éclairer nos choix, travailler sur des problèmes plus larges parce que cela nous aiderait à en régler beaucoup d’autres, par exemple en améliorant la prise de décision dans le monde politique, développer son capital professionnel pour avoir la capacité de faire le bien plus tard, et enfin promouvoir l’altruisme efficace car cela pourrait amener de nombreuses personnes à avoir un plus grand impact.

Pour déterminer sur quel problème se concentrer, il faut aussi prendre en compte sa compatibilité personnelle, puisqu’il y a des chances qu’on ait largement plus d’impact dans un domaine qui nous motive.

6) Quel métier permet d’aider le plus de personnes ?

De nombreux diplômés se sentent insatisfaits de leur carrière parce qu’ils n’ont pas un emploi qui aide directement les gens. Mais ce n’est pas nécessaire, car il peut être également satisfaisant d’aider indirectement, ainsi, en étant plus ouvert et créatif sur la façon de faire le bien, plus de gens peuvent trouver une carrière qui utilise leurs compétences uniques et permet d’aider les autres. Voici quatre façons d’utiliser sa carrière pour résoudre les problèmes sur lesquels on souhaite travailler :

  • Gagner pour donner : on ne pense pas souvent à la possibilité de gagner plus d’argent comme moyen de faire le bien. Pourtant, beaucoup d’organisations efficaces n’ont aucun problème à trouver du personnel enthousiaste, mais elles n’ont pas les fonds pour embaucher d’autres employés. Les personnes qui ont la capacité de percevoir des rémunérations élevées peuvent faire des dons à ces organisations et contribuer grandement à leur développement de façon indirecte. Par exemple, en choisissant un emploi deux fois plus rémunérateur que dans le secteur associatif, on a la possibilité de payer le salaire de deux travailleurs associatifs, ainsi que la flexibilité de diriger ses donations là où on pense qu’elles seront les plus efficaces. Cependant, il est conseillé de suivre cette option dans les cas suivants seulement : si on pense qu’un emploi très rémunérateur nous conviendrait, car dans le cas contraire on aurait des chances de craquer ce qui nuirait à sa carrière sur le long-terme, si on veut développer des compétences qu’on pourra utiliser plus tard, si on est très indécis au sujet de quels problèmes sont les plus urgents, si on veut contribuer à un domaine dont le progrès est davantage limité par l’argent que par les gens compétents.

 

  • Plaidoyer : imaginons qu’on ait le choix entre deux options, à savoir gagner pour donner, ou bien gagner pour donner et persuader un ami de faire de même. Avec la seconde option, on aurait deux fois plus d’impact, ce qui montre la force de la promotion d’idées importantes. Un exemple est celui de Rosa Parks aux États-Unis, qui refusa de céder sa place à un homme blanc, déclenchant une contestation qui aboutit à des progrès majeurs pour les droits civils. Faire la promotion d’une cause peut être efficace d’une part parce que des idées peuvent se répandre rapidement et un petit groupe peut avoir un impact durable, et d’autre parce que cela est négligé dans la mesure où il n’existe pas d’incitations commerciales à diffuser des idées importantes et où il est inconfortable de défier le statu quo.

 

  • Faire de la recherche : parmi les personnes qui ont eu le plus d’impact dans l’histoire, un grand nombre était des chercheurs, comme Alan Turing qui développa une machine qui permit aux Alliés de décoder les codes des Nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale et d’être ainsi plus efficace dans la lutte contre leurs U-Boot. Des historiens estiment que cela permit d’accélérer la fin de la guerre, et donc de peut-être sauver des millions de vie. La recherche est efficace en moyenne parce que quand de nouvelles idées sont découvertes, elles peuvent être diffusées facilement. De plus, il n’y a pas d’incitations économiques à faire de la recherche malgré son importance, c’est donc une bonne opportunité pour ceux qui veulent avoir un impact.

 

  • Faire du travail direct : le problème de cette option est que beaucoup de postes qui permettent de contribuer directement ne sont pas négligés, par exemple être médecin dans un pays développé, et que si l’on ne prend pas un certain poste, il serait facile de trouver une personne aussi compétente pour nous remplacer. Mais il y a de nombreuses situations où travailler directement est la chose la plus efficace, et un grand nombre d’organisations travaillent sur des solutions novatrices aux problèmes urgents. Pour trouver un poste où l’on a directement un impact positif, il faut décider quels problèmes sont les plus urgents, identifier les meilleurs organisations de ce domaine et chercher des postes qui nous conviendraient.

 

Quelle est la bonne approche pour nous ? Ces différentes approches ne sont pas exclusives et il est possible de les combiner. Il n’y a pas une unique approche efficace pour tous les problèmes, et il est plus efficace de choisir quelque chose dans lequel on a des chances d’exceller.

 

7) Quels métiers nous placent dans une meilleure position ?

Pour maximiser son impact sur le long terme, il faut penser à investir en soi-même et à développer un capital professionnel flexible, donc ne pas commettre les erreurs suivantes :

 

Erreur 1 : Ignorer les opportunités d’investir dans soi-même. La plupart des experts atteignent leur impact maximum à un âge moyen, ce qui signifie que connaître le succès prend du temps, mais qu’il est possible de s’améliorer en développant ses compétences.

Pour comparer deux options en terme de capital professionnel, il faut regarder les différences en terme de compétences, de connexions, d’éléments qui vous donnent de la crédibilité, et des économies que chaque option nous permettra de réaliser.

Erreur 2 : Ne pas construire un capital professionnel qui sera utile dans le futur. Il est important de développer un capital professionnel qui soit flexible, c’est-à-dire utile pour longtemps et dans de nombreux types de métiers.

Les meilleurs moyens de développer ce capital flexible sont de travailler dans une organisation qui a la réputation d’être hautement performante, ou avec de bons mentors, comme dans le secteur du conseil ou de la technologie, de poursuivre certaines études supérieures comme l’économie, l’informatique ou les mathématiques, d’acquérir des compétences valorisées et transférables comme la programmation ou marketing, et enfin de saisir les opportunités d’accomplir des choses impressionnantes et socialement utiles comme créer une organisation.

 

8) Quelle est la bonne carrière pour nous ?

Être bon dans son métier est plus important qu’on pourrait le penser : nos chances d’être excellent dans un métier déterminent à quel point ce dernier nous correspond. Trouver un métier qui nous convienne est encore plus important qu’on pourrait le penser, car quand c’est le cas, on a tendance à avoir un impact plus grand, une meilleure satisfaction au travail et développer plus facilement son capital professionnel. En effet, les gens qui ont le plus de succès dans un domaine provoquent une part énorme de l’impact total du domaine, et réussir permet d’ouvrir des opportunités futures à haute valeur. Enfin, sentir qu’on a le contrôle est un élément vital de la satisfaction.

Les recherches indiquent qu’il est vraiment difficile de déterminer ce en quoi on va être bon avant de l’essayer, en particulier en utilisant l’introspection, les différents tests censés indiquer quel métier nous correspond n’ayant qu’une faible corrélation avec les performances au travail observées en réalité.

Une erreur commune est de ne pas envisager suffisamment d’options : cela peut être évité en essayant un grand nombre d’options.

Le procédé est le suivant :

1) faire une longue liste d’options

2) les classer

3) écrire ses principaux doutes

4) faire des recherches initiales, et commencer à explorer

Pour minimiser le coût de cette exploration, il faut d’abord faire des tests simples et y aller étape par étape en évaluant chaque étape : d’abord se renseigner sur les bases, puis discuter avec une personne du domaine, lire un livre sur le sujet, puis chercher un projet de quelques semaines, puis seulement à ce moment là s’engager sur quelques mois.

L’idée est d’adapter ses plans avec le temps, à la manière d’un scientifique qui revoit ses hypothèses.

Enfin il est judicieux de tester les options dans le bon ordre en suivant quelques recommandations : explorer plutôt avant un Master qu’après (ou avant un Doctorat), car à ce moment les gens nous laissent la possibilité d’essayer des choses inhabituelles, tester d’abord les options “réversibles” (il est par exemple plus facile de passer du privé à l’associatif que l’inverse), choisir les options qui permettent de vivre plus d’expériences, essayer d’autres choses à côté, et continuer à développer un capital professionnel flexible.

 

9) Comment réussir dans n’importe quel métier ?

L’article original mentionne de nombreuses ressources, il est conseillé de le consulter pour des conseils plus précis sur chaque domaine.

Un des problème des conseils de développement personnel est qu’ils ne s’appuient souvent sur aucune preuve : ce ne sont que des opinions personnelles ou des clichés. Au contraire, il existe un certain nombre de méthodes étayées par des données probantes que n’importe qui peut adopter pour devenir plus productif et réussir dans sa carrière et plus généralement dans la vie. Il est recommandé de travailler un domaine à la fois, celui qui apporterait le plus de changement dans votre vie pour le moindre effort.

 

  1. Ne pas oublier pas de s’occuper de soi : même dans une perspective altruiste, on sera plus productif sur le long terme si on prend soin de soi. Le plus important est de se concentrer sur les “bases” : dormir suffisamment, faire de l’exercice, bien manger et fréquenter ses amis proches. Les améliorer revient souvent à construire de meilleures habitudes.

 

  1. Si nécessaire, faire de sa santé mentale sa priorité absolue : environ un cinquième des jeunes ont une forme de problème de santé mentale, comme l’anxiété, les troubles de l’attention, la dépression. Même si l’on est pas certain d’avoir un problème, cela vaut la peine de se renseigner. On peut sinon examiner les traitements qui reposent sur des preuves, par exemple les thérapies cognitivo-comportementales (TCC).

 

  1. Gérer sa santé physique : un grand nombre de conseils ne sont pas scientifiquement valides, mais il est heureusement possible de trouver également beaucoup de conseils fondés sur des preuves. Il est ainsi possible de réduire ses risques de mal de dos, qui est une des plus grandes menaces sur la productivité, en adoptant une bonne posture, en changeant de position et en faisant de l’exercice.

 

  1. Appliquer la recherche scientifique sur le bonheur : alors que la plupart des conseils sur comment être plus heureux ne se fondent pas sur grand chose, ces dernières années ont vu l’émergence de la psychologie positive, la science des causes du bonheur. Voici une liste de techniques à tester, et garder si elles sont utiles : noter son bonheur à la fin de chaque journée, tenir un journal de gratitude, utiliser ses “atouts” personnels, apprendre des bases de TCC, pratiquer la pleine-conscience, faire quelque chose de gentil chaque jour, donner des réponses actives et constructives, adopter un état d’esprit de développement, façonner son travail.

 

  1. Améliorer ses compétences sociales de base : elles sont utiles à tout moment dans la vie, et bien qu’il n’y ait pas grand chose à savoir pour les améliorer, il y a des choses basiques qu’il est possible d’apprendre. Cela revient en bonne partie à pratiquer et à surmonter les difficultés à parler à de nouvelles personnes.

 

  1. S’entourer de gens exceptionnels : l’importance d’avoir des connexions dépasse largement la recherche d’emploi. Les amis qu’on fréquente définissent le comportement qu’on considère normal, influencent nos émotions, ils sont une source d’information à jour sur les opportunités et tendances de leur secteur. Les connexions sont encore plus importantes si l’on se soucie de son impact, car d’une part on peut les persuader de l’importance d’un problème, et d’autre part parce qu’on contribue à construire les normes sociales : commencer à donner son argent va probablement encourager d’autres personnes à faire de même. En pratique, il s’agit simplement de rencontrer des gens que l’on apprécie, de les aider, et de construire des amitiés sincères. Par exemple, une bonne habitude est de donner un coup de main rapide, qui pourrait aider la personne en cinq minutes, comme partager un livre ou une ressource.

 

  1. Envisager de changer de lieu de résidence : certaines industries sont regroupées à des endroits précis, où il est plus facile de développer des connexions professionnelles, et où les gens sont bien plus productifs que la moyenne. Cela est peut-être dû à plusieurs facteurs comme la proximité entre innovateurs, la culture et les normes sociales de la région. Le lieu de vie est important puisqu’il détermine de nombreux aspects de sa vie comme les gens qu’on fréquente et son environnement, et il peut être judicieux d’essayer de vivre à différents endroits pour trouver le meilleur.

 

  1. Utiliser les conseils suivants pour économiser plus d’argent : il est recommandé d’avoir une épargne suffisante pour davantage de sécurité mais aussi pour avoir la flexibilité de faire des changements de carrière importants. Pour économiser, on peut mettre en place un système d’épargne automatique, se focaliser sur les gros gains (déménager pour payer un plus faible loyer), faire attention à échanger de l’argent contre du temps (économiser en vivant plus loin de son travail peut faire perdre en efficacité).

 

  1. Essayer ces moyens d’être plus productif : les “intentions implémentées” (associer le début d’une tâche à un élément déclencheur), mettre en place un système de suivi des petites tâches, faire un bilan de cinq minutes à la fin de la journée, prendre une heure chaque semaine pour faire un bilan de ses objectifs principaux et planifier sa semaine, regrouper ses tâches, être plus concentré en utilisant la technique Pomodoro, développer une routine matinale, mettre en place des systèmes qui s’occupent des tâches quotidiennes, bloquer les réseaux sociaux.

 

  1. Apprendre à apprendre : il est possible de s’améliorer grandement en ce qui concerne l’apprentissage, par exemple avec la technique des répétitions espacées, qui tient compte de la fréquence optimale de révision. Il est aussi important d’apprendre à construire des habitudes puisque cela est nécessaire pour maîtriser tout le reste, et d’apprendre à s’entraîner de manière efficace pour savoir comment devenir un expert dans un domaine donné.

 

  1. Être stratégique quant à la façon d’obtenir de meilleurs résultats au travail : l’idée est de travailler de façon plus intelligente, en se demandant ce qui est réellement attendu pour avancer dans le domaine, en parlant à des gens du secteur qui ont réussi et en essayant ce qu’ils ont fait.

 

  1. Utiliser la recherche dans la prise de décision pour mieux réfléchir : des recherches suggèrent que l’intelligence et la rationalité sont distinctes mais il est heureusement possible d’entraîner cette dernière, qui est souvent influencée par les biais cognitifs, lorsque que l’on doit prendre des décisions. On peut s’améliorer en développant de meilleures habitudes de pensée, par exemple en considérant toujours au moins deux options quand on prend une décision, car les décisions de la forme “oui ou non” ont de plus grande chances d’être considérées comme ratées. On peut aussi élargir sa façon de penser en développant une boîte à outils de concepts et de modèles mentaux issus de différents domaines.

 

  1. Envisager d’apprendre d’autres compétences professionnelles utiles : la meilleure façon est souvent d’utiliser la compétence, par exemple pour un projet. Les compétences les plus utiles pour les métiers considérés comme les plus désirables sont : l’analyse, l’apprentissage, les compétences sociales, la gestion. Il semble utile d’améliorer d’abord ces compétences de haut-niveau, puis ensuite de se concentrer sur des compétences techniques, en particulier celles liées au secteur informatique. Une bonne combinaison est généralement une compétence technique/mathématique associée à des compétences sociales.

 

  1. Prendre les mesures suivantes pour maîtriser un domaine et y apporter une contribution créative : pour devenir un expert dans un domaine il est nécessaire d’avoir les quatre choses suivantes, à savoir du talent pour le domaine, les bonnes techniques d’entraînement et les bons mentors, 10 à 20 ans de pratique ciblée, et de la chance. Pour choisir où se concentrer, il faut tester différents domaines, puis suivre une démarche de la forme suivante : trouver ce qui nous motive, trouver le domaine où on s’améliore le plus rapidement, parler à des experts et demander une appréciation sincère de son potentiel, inspecter les indicateurs objectifs de réussite, à ce moment s’engager, et se préparer à des années de dur labeur.

 

  1. Travailler à devenir une meilleure personne : ce qui est mentionné au-dessus ne vaut pas grand chose si on ne l’utilise pas à de bonnes fins. Il s’agit de comprendre ses propres valeurs et de les appliquer dans sa vie pour lui donner du sens. On peut suivre les étapes suivantes : prendre un certain temps pour réfléchir à ses valeurs et à ses buts, se renseigner sur ce qui a été écrit au sujet de ce que signifie être une bonne personne, construire son caractère jour après jour, et de temps en temps se lancer de véritables défis.

 

En appliquant ces conseils au fil des ans, il est possible d’apprendre à réussir, de construire son capital professionnel et d’accomplir bien plus que ce qu’on aurait pu initialement penser.

 

10) Comment planifier sa carrière ?

On a souvent l’idée qu’il faudrait trouver la “bonne carrière pour soi”, et prévoir ce qu’on fera d’ici aux vingt prochaines années. Le problème est que nos plans vont très sûrement changer : on va changer, le monde va changer, et on en saura davantage sur ce qui est le mieux pour soi. La meilleure option va donc changer avec le temps et l’apprentissage, mais il n’est pour autant pas judicieux de ne rien planifier.

Il est en fait possible de planifier sa carrière de manière flexible en utilisant un plan A/B/Z. L’idée est d’adopter une vision large, dans un contexte de grandes incertitudes sur les détails : prévoir pour les prochaines années un certain nombre d’options potentielles, classées par préférence, avec des spécificités selon sa confiance dans telle ou telle option.

 

Le plan A est la meilleure option que l’on souhaite choisir, son scénario idéal. Il faut commencer par esquisser ses objectifs à long-terme en répondant aux questions suivantes : sur quel problème on voudrait travailler, quel rôle on souhaiterait jouer, et quel type de capital professionnel on aimerait développer. Puis on peut classer ses options, et choisir parmi les trois possibilités suivantes :

  • Si l’on est relativement confiant sur ce qu’on veut faire à moyen terme, on peut se concentrer sur sa meilleure option. Pour déterminer le meilleur chemin menant à cette option, il est conseillé de discuter avec des personnes du domaine en question et de se renseigner sur ce qu’ont fait les gens performants pour réussir, le tout en faisant des choix qui permettent également de se rapprocher de son but et de développer son capital professionnel.
  • Si l’on est moins sûr, on peut explorer différentes options avant de décider dans laquelle s’engager. Par exemple, si l’on hésite entre deux ou trois options, on peut mettre en place un plan permettant de toutes les essayer, que ce soit en y travaillant pendant un an, en faisant des stages, ou en s’investissant dans des projets à temps partiel.
  • Si l’on est très incertain, on peut prévoir de continuer ses recherches tout en développant un capital professionnel flexible. Il faut alors prendre quelques mois pour y réfléchir, lire davantage, parler à des gens. Après cette réflexion, on peut s’engager dans une option pour un an à trois ans et réévaluer ensuite. En attendant, il est avisé de choisir ce qui permet de développer le mieux son capital professionnel afin de maximiser ses options.

 

Le plan B inclut les alternatives proches qu’on peut choisir si le plan A ne se passe pas aussi bien que prévu. Il s’agit des options qui pourraient facilement s’avérer meilleures que le plan A, et les écrire en avance permet d’être prêt à saisir de nouvelles opportunités. Pour déterminer le plan B, on peut se demander quelles autres bonnes options on pourrait choisir, et à quels obstacles probables on se heurterait avec le plan A (puis déterminer quoi faire dans ce cas). On peut ainsi trouver deux ou trois alternatives.

 

Le plan Z est la solution de secours temporaire, facilement atteignable, au cas où tout se passerait mal. Avoir un Plan Z aide à prendre de plus grands risques. D’abord, il faut clarifier ce qu’est réellement le pire scénario, et identifier les risques les plus graves. Il est facile d’avoir une peur vague de “rater”, mais les recherches indiquent qu’on ne pense qu’aux plus mauvais aspects des événements négatifs, on peut donc s’apercevoir que le pire scénario n’est pas si terrible. Les risques importants sont plutôt le surmenage, tomber en dépression, ou ruiner sa réputation, le reste étant surtout des contretemps. Ensuite, on doit réfléchir à ce qu’on peut faire pour s’assurer que les plus grands risques ne se produisent pas, et enfin faire un plan dans le cas où le pire scénario arrive : par exemple dormir chez un ami et payer les factures en travaillant dans un café. On aurait probablement encore accès à de la nourriture, des amis et une pièce chauffée, soit mieux que la plupart des gens au cours de l’histoire.

Revoir ses plans au moins une fois par an : pour éviter de rester bloquer dans une voie, on peut régulièrement passer en revue ses plans, en prévoyant dès maintenant de les revoir dans six mois ou un an, et en définissant des points à valider qui confirment qu’on est dans la bonne voie, comme publier un grand nombre d’articles avant la fin de son doctorat si on vise une carrière académique.

11) Comment décrocher un emploi ?

Décrocher un emploi est comme un processus de vente. La clé étant de convaincre une personne que l’on a quelque chose de précieux à offrir, il faut penser du point de vue de l’employeur, et faire ce qu’il trouverait le plus convaincant. Cela veut dire qu’au lieu d’envoyer de nombreux CV, il est judicieux de se focaliser sur l’obtention de recommandations et prouver qu’on peut faire le travail.

Les trois étapes de ce processus de “vente” sont : trouver des opportunités (les pistes), convaincre les employeurs (la conversion), et négocier.

 

Étape 1 : les pistes

Il faut chercher à trouver de nombreuses opportunités qui pourraient déboucher sur un emploi, comme un poste pour lequel déposer sa candidature, un ami qui pourrait connaître une opportunité, ou un projet secondaire pour lequel on pourrait être payé. Il est nécessaire d’en avoir de très nombreuses, peut-être 20 à 100, et il est normal de se faire rejeter un grand nombre de fois. Mais il est possible d’augmenter ses chances de succès en utilisant ses connexions.

Le problème avec les CV est que le taux de réussite est faible, et les meilleures opportunités sont souvent cachées dans des petites entreprises qui se développent rapidement. Il faut trouver des pistes en tenant compte des préférences des employeurs. Ces derniers préfèrent engager des gens qu’ils connaissent déjà ou utiliser des références (une introduction par une personne qu’ils connaissent). De plus, près de la moitié des personnes en recherche d’emploi en trouve un par le biais de connexions, et de nombreux postes ne sont pas rendus publics.

Pour se faire recommander, voici la démarche à suivre : mettre à jour son profil Linkedin; si l’on connaît déjà quelqu’un susceptible d’embaucher dans notre industrie, demander à le voir pour discuter des opportunités dans le secteur; si on les connaît moins, demander un entretien pour s’informer sur les emplois dans l’industrie; quand on demande à se faire présenter, préparer une phrase qui décrit les opportunités que l’on recherche; si les étapes précédentes ne fonctionnent pas, se tourner vers les connexions de ses connexions; si notre connexion ne peut pas nous aider, lui demander de nous présenter à des personnes du secteur susceptible d’embaucher; pour découvrir les personnes que nos connexions connaissent, utiliser Linkedin, se souvenir que l’on peut atteindre beaucoup de gens avec Linkedin; beaucoup de gens sont prêts à aider sur le groupe Linkedin 80,000 Hours; si tout cela n’aboutit à rien, il faut peut-être passer du temps à développer ses connexions dans l’industrie.

Il est également possible de faire appel à des recruteurs, ou éventuellement de regarder les offres d’emploi en ligne.

 

Étape 2 : la conversion

Pour convaincre un employeur de nous embaucher, il faut lui prouver qu’on peut régler les problèmes auxquels il fait face, donc obtenir les résultats qui comptent à ses yeux.

Dans le cas d’un procédé fortement standardisé, comme des postes au gouvernement, une pratique utile est de trouver une personne qui en a fait l’expérience, lui demander des détails et s’entraîner avec elle sur les aspects principaux.

Autrement, et si l’on a pas beaucoup d’expérience dans l’emploi pour lequel on postule, une idée simple mais efficace est de travailler gratuitement, pour d’une part prouver qu’on peut faire le travail demandé, et d’autre part pour s’assurer qu’on est compétent et éviter de perdre notre temps. Voici trois moyens de mettre cela en pratique:

 

  • Faire un projet avant l’entretien d’embauche : découvrir en quoi consistera notre rôle, et en particulier déterminer quels problèmes on aura à régler, passer une semaine à trouver des solutions à ces problèmes, les envoyer à des employés de l’entreprise, les relancer si nécessaire, et écrire ses suggestions et les présenter lors de l’entretien.
  • Prendre une période d’essai : si l’employeur est hésitant, proposer d’effectuer une période d’essai de deux à quatre semaines, en montrant son désir de travailler et sa confiance dans la réussite de l’essai.
  • Opter pour une position similaire : si l’on ne peut pas décrocher l’emploi directement, on peut réfléchir à postuler pour un autre rôle dans l’organisation (une position hiérarchiquement inférieure ou en freelance), ce qui permettra de prouver sa motivation et sa compatibilité, rendant plus probable la possibilité de pourvoir à un poste quand l’occasion se présentera.

 

Montrer à l’employeur qu’on peut résoudre ses problèmes est le plus important, mais comme on a pas toujours le temps de s’occuper de ça, on peut toujours suivre les conseils suivants pour se préparer aux entretiens : poser beaucoup de questions à l’employeur pour comprendre ses difficultés, préparer trois messages clés avant l’entretien, se concentrer sur ce qui est le plus impressionnant, préparer des faits et des histoires concrètes pour étayer ses trois messages clés, trouver comment résumer ce que vous avez à offrir en une phrase, se préparer à répondre aux questions les plus fréquentes, faire une répétition de l’entretien du début à la fin, continuer à apprendre à partir des points positifs et négatifs de chaque entretien.

 

Étape 3 : la négociation

Beaucoup de gens sont inconfortables à l’idée de négocier, mais cela pourrait avoir des conséquences positives majeures pour les prochaines années. Bien que dans certains cas négocier n’est pas approprié, il est intelligent d’essayer une fois que l’on nous a fait une offre. Pour négocier, il faut montrer la valeur qu’on apporte à l’employeur et expliquer pourquoi il est justifié de nous donner les avantages que l’on souhaite, en cherchant des mesures objectives et des solutions gagnant-gagnant. Il est également possible de négocier après avoir commencé à travailler, surtout si l’on est efficace, car les employeurs sont peu disposés à perdre une personne de valeur.

Chercher un emploi peut-être une des choses les plus difficiles à faire, il peut donc être approprié de faire appel à toutes les techniques de motivation que l’on connaît. Et heureusement, les recherches d’emploi deviendront de plus en plus faciles à mesure que son capital professionnel se développe.

 

12) Comment la communauté de l’altruisme efficace peut aider

En rejoignant une communauté, on peut gagner des centaines d’alliés potentiels à la fois, car dès qu’une personne qui en fait partie veut nous aider, elle peut nous présenter à tout le monde dans la communauté. C’est comme se faire un réseau, mais en cent fois plus rapide. En fait, s’impliquer dans la bonne communauté est peut-être la chose la plus importante que l’on puisse faire pour se faire des amis, faire progresser sa carrière et avoir un plus grand impact. On améliore non seulement ses relations, mais aussi ses connaissances, son caractère, sa motivation et plus encore.

Un des avantages est la possibilité de se spécialiser : chaque personne peut se concentrer sur une compétence spécifique, et devenir vraiment qualifié, ce qui permet au total d’être plus efficace. On a également la capacité de partager les coûts fixes et de réaliser ainsi des économies d’échelle. C’est ce qu’on appelle les « gains du commerce ». Trois personnes qui travaillent ensemble peuvent accomplir plus de trois fois plus qu’une personne. Et cela fonctionne aussi quand on veut faire le bien : plutôt que de demander à tout le monde d’essayer de tout faire, il est plus efficace pour les gens de se spécialiser et de travailler ensemble.

On retrouve ces avantages même si les gens ont des objectifs différents des nôtres, mais ceci dit, il est encore plus bénéfique de rejoindre une communauté de personnes qui partagent les mêmes buts. Une communauté de qualité et peu connue est celle de l’altruisme efficace. Il s’agit d’un groupe de personnes qui utilisent les preuves et la rationalité pour trouver les moyens les plus efficaces d’aider les autres, par exemple en faisant des dons, en promouvant des idées importantes ou en utilisant leur carrière.

Si l’on apprécie les idées de ce guide, il y a de bonnes raisons de s’impliquer dans la communauté de l’altruisme efficace, qui est composée de gens talentueux, intelligents et altruistes. Chaque année plus de 100 rencontres dans le monde et plus de 10 conférences sont organisées, y compris en Afrique et en Asie. Plus important encore, les membres de la communauté font bouger les choses – ils ont promis de donner des milliards de dollars à des associations efficaces, mènent des recherches innovantes et ont créé plus de dix organisations dédiées à faire le bien.

Une raison majeure de s’impliquer est que les avantages qu’on peut en tirer dépassent les traditionnels gains du commerce, pour la raison suivante : les gens de la communauté de l’altruisme efficace ont un objectif commun, qui est aider les autres autant que possible. Ainsi, en aidant quelqu’un d’autre à avoir un plus grand impact, on augmente également son propre impact. Par conséquent, les deux personnes atteignent leur objectif.

Cela signifie que l’on a pas à se soucier de rendre les faveurs accordées, car aider quelqu’un a déjà un impact. On rend ainsi rend possible beaucoup plus d’occasions de travailler ensemble, ce qui ne serait pas le cas dans une communauté où les gens ne partagent pas autant leurs objectifs. Et comme il y a tant de nombreuses façons de s’entraider, il est possible d’en faire beaucoup plus.

Pour s’impliquer dans la communauté, on peut :

 

Un bref récapitulatif

Pour avoir une carrière satisfaisante, il faut faire ce qui aide les autres. Plutôt que de s’attendre à découvrir sa passion en un clin d’œil, l’épanouissement grandira avec le temps à mesure qu’on en apprendra davantage sur ce qui nous convient, qu’on maîtrisera des compétences précieuses et qu’on les utilisera pour aider les autres.

Voici où se concentrer au fil du temps. Chaque étape peut permettre d’avoir un impact beaucoup plus important.

  1. Explorer pour trouver les meilleures options, plutôt que de « suivre son instinct » ou de se restreindre trop tôt, et en faire son objectif principal jusqu’à être plus confiant.
  2. Investir dans son capital professionnel pour devenir aussi fort que possible. Rechercher surtout un capital de carrière professionnel flexible quand on est incertain.
  3. Aider efficacement les autres : se concentrer sur les problèmes les plus urgents, qui sont de grande échelle, négligés et résolubles. Réfléchir de façon large : envisager de gagner de l’argent pour le donner, de faire de la recherche et du plaidoyer, ainsi que de travailler directement. Ne pas oublier que les meilleurs efforts peuvent être extrêmement efficaces et qu’il est possible d’avoir un impact important avec n’importe quel emploi.
  4. Continuer d’adapter ses plans pour trouver ce qui convient le mieux.
  5. Travailler avec une communauté pour avoir plus de succès.